Biographie

Elle nait à Havré. Son père est voyageur de commerce et sa mère est une femme au foyer. Elle est l’ainée de leurs quatre filles.

Sa mère tombe gravement malade : elle est contrainte d’arrêter ses études pour s’occuper de ses sœurs et du ménage.

Elle se marie avec Edgard André, professeur d’anglais.

Elle donne naissance à ses trois enfants (Philippe, Cécile et Anne)

Elle est décidée à se sortir de l’enfermement familial. Elle s’inscrit aux “cours normaux ” du soir et commence à enseigner la sténodactylographie dans divers établissements de l’enseignement secondaire et normale. Elle écrit en secret quelques poèmes qui resteront inédits.

Elle fonde à Genève avec le docteur Moise Engelson, qui en sera le mécène jusqu’en 1970, les Cahiers internationaux de symbolisme. Elle rencontre à Paris Gaston Bachelard qui parrainera la revue.

Elle quitte l’enseignement pour se consacrer à l’organisation de colloques interdisciplinaires (Paris, Genève, Lausanne, Neuchâtel, Bruxelles,…) dont les Cahiers publieront les actes. Les multiples rencontres que lui vaudra cette intense activité la plongent dans le monde des intellectuels et des universitaires. Elle y cultivera toujours avec passion son “étrangeté légitime” qu’elle nommera plus tard sa “citoyenneté poétique”.

Elle fonde dans les mêmes conditions que les Cahiers la  Revue universitaire de science morale  qui prendra plus tard le nom de Réseaux, revue interdisciplinaire de philosophie morale et politique.

Elle rencontre René Char à l’Isle-sur-Sorgue. La correspondance qui s’ensuivra jusqu’en 1968 marquera fortement son écriture : fascination et défascination…

Elle se bricole une chambre noire dans la buanderie de sa maison. Commence alors une aventure analogique extrêmement féconde entre sa démarche poétique et sa pratique photographique de solarisation. 

Elle rencontre à Paris René Thom dont la pensée (surtout connue par la Théorie des catastrophes) ne cessera de croiser et de provoquer la sienne. Dialogue entre l’esprit mathématique et l’esprit poétique, fécond dans la mesure même où l’affrontement leur est une authentique épreuve.

Création du Centre interdisciplinaire d’études philosophiques de l’université de Mons (CIEPHUM) auquel elle cède la propriété des deux revues et dont elle devient la secrétaire permanente.

Elle participe à la turbulente Rencontre internationale des écrivains québécois sur La Femme et l’écriture. Y naitront des liens privilégiés et durables avec les écrivaines et écrivains québécois. Elle fera par la suite de nombreux séjours au Québec.

Elle anime des ateliers d’écriture à l’Université du Québec à Montréal, d’où naitra son premier “essai poétique” (L’Atelier 1979).

Elle reçoit le prix Canada-Communauté française de Belgique pour l’ensemble de son œuvre.

Trois galeries québécoises (Laval, Rimouski, Rivère-du-Loup) accueille son exposition au-delà de l’image : écriture et photographie.

Trois relectures publiques de sa pièce de théâtre : Arianne et Don Juan et le désastre, diffusé par la RTBF (Radio 3) et la radio suisse romande.

Elle reçoit le Prix de Deneyer de l’Académie royale de langue et de littérature française de Belgique pour l’ensemble de son œuvre.

Elle s’engage aux côtés de la Marche blanche en publiant deux numéros de la revue Réseaux (1997 et 1999) sur le questionnement éthique soulevé par ce mouvement.

Elle est reçue au titre d’écrivains à l’Académie royale de langue et de littérature française de Belgique (6 juin): elle rend hommage à Louis Dubrau à qui elle succède. Élue présidente du conseil scientifique du CRI-GRECO (Centre de recherche sur l’imaginaire : Groupement de recherches européennes coordonnées) à la Maison des sciences de l’homme à Paris.

Création du Le Chant du dragon, pour le festival du Carré des arts, avec une mise en scène de Frédéric Dussenne et une musique de Jean-Paul Dessy.

Ses amis lui rendent hommage (29 février) à l’occasion d’une journée d’étude consacrée à son œuvre. Les actes seront publiés dans les Cahiers internationaux de symbolisme. Elle décède le 6 septembre.